L’idée se propage à une vitesse folle. Elle a émergé outre-atlantique et arrive en Europe et en France à vitesse grand V. C’est la possibilité d’une grève des loyers.

Le monde est confiné. Près de 3 milliards de personnes sont concernées. Beaucoup de monde ne travaille plus et les plus précaires sont violemment touché.e.s par la situation devenue économiquement irrespirable.

Dans un monde au ralenti, quasiment à l’arrêt, où le travail est le moyen généralisé permettant de pouvoir vivre, la situation économique des individus est très sérieusement atteinte. Le confinement généralisé prive des millions de personnes de leurs revenus.

Depuis plusieurs jours, nous lisons et entendons beaucoup de témoignages relatant les difficultés à subvenir à ses besoins les plus élémentaires. C’est un fait : le 1er avril, beaucoup de personnes ne pourront pas payer leur loyer. De même, des petits propriétaires seront dans l’impossibilité de rembourser leurs crédits.

Mais partout autour du globe, des groupes d’habitant.e.s s’organisent localement et des collectifs se créent et se coordonnent nationalement pour faire face collectivement à la situation.

Aux États-Unis comme à Chicago ou Atlanta. En Grèce, à Montréal, à Barcelone, en France, des appels à faire la grève des loyers se propagent rapidement. Les banderoles qui l’annoncent fleurissent sur les balcons.


Pourquoi faire grève ? Les raisons sont simples !

– Beaucoup de personnes ne pourront pas payer ce 1er avril. Faire grève des loyers c’est se défendre collectivement face à la situation. Que nous puissions payer notre loyer ou non, faire grève ensemble c’est se soutenir les uns les autres dans des situations individuellement insoutenables.
– La trêve hivernale prolongée de deux mois et effective jusqu’au 31 mai est censée protéger les locataires de toutes expulsions. Utiliser cette protection est légitime.
– Le contexte économique mondial remet en cause drastiquement le modèle économique sur laquelle notre société est construite, 12 ans après la grande crise économique dont on voit encore les effets. Nous affirmons notre capacité à penser et organiser la vie autrement.Se loger, se nourrir, se chauffer. Tout ce qui est vital ne devrait pas être soumis aux conditions d’une quelconque rémunération mais bien nous appartenir naturellement.

Organisons-nous !

Une grève des loyers est dure à penser tant que celle-ci n’est pas sous nos yeux. Mais elle reste bel et bien possible.

En 2010 par exemple, des étudiant.e.s de l’Université de Lille, vivant dans des résidences universitaires insalubres avaient fait la grève des loyers afin de dénoncer leurs conditions de vie. Plus de 400 personnes y avaient participé.

Pour que cette grève soit effective, qu’elle ait lieu, il faut d’abord l’organiser ultra-localement. Avec nos voisins de palier, d’immeuble, de courée.

Diffuser la grève, partout !

Le soir au balcon, parlons-en ! Déployons des banderoles !

Organisons-nous d’abord dans nos immeubles, puis dans nos rues, puis dans nos quartiers. C’est ainsi que l’accumulation des collectifs d’habitant.e.s, la multiplication des foyers de grève s’étendront sur le territoire.

Créer des groupes Facebook, par ville, par quartier et diffuser ces groupes sur les réseaux d’entraide, notamment les groupes Facebook déjà existant et investit par des milliers de personne semble une option intéressante pour organiser cette grève.

Le collectif américain CrimethInc, un collectif anarchiste “décentralisé” de cellules autonomes, a écrit un texte dans le contexte de confinement mondial, résumant l’importance et les atouts d’une grève des loyers organisée par le bas :

« Pour qu’une grève des loyers soit couronnée de succès à l’échelle nationale, au moins une de ces initiatives devra prendre suffisamment d’ampleur pour qu’un grand nombre de personnes soient certaines de ne pas être laissées pour compte si elles s’engagent à participer. Cependant, plutôt que d’attendre qu’une seule organisation de masse coordonne une grève massive depuis le haut, il est préférable que ces efforts commencent au niveau de la base. Les organisations centralisées font souvent des compromis au début d’un processus de lutte, sapant ainsi les efforts autonomes qui donnent du pouvoir à ces mouvements.

Convaincre ses voisins !

Vous êtes en difficulté financière et vous ne pourrez pas payer votre mois d’avril ?

– Demandez à vos voisins leur situation financière.
– Parlez leurs d’une réponse solidaire et collective.
– Racontez leur l’histoire de cette grève, son origine et sa propagation.
– Expliquez que le propriétaire ne peut lancer de procédure avant 2 mois.
– Insistez sur la notion de solidarité, de faire bloc et la nécessité d’être nombreux.ses.
– Démontrez que vous n’êtes pas seul.e.s, rapprochez vous de vos associations de quartier.
– Demandez un soutien. En cas d’intimidation du propriétaire, ou en ne payant pas par solidarité.
– Si la communication est difficile ou rare, collez un mot près de l’entrée de l’immeuble, laissez un numéro un mail, ou un espace pour que les gens mettent le leur.

Faire face au propriétaire !

Si la question se pose moins pour les bailleurs sociaux, la situation peut être plus compliquée face aux petits propriétaires privés.

Plusieurs étapes sont à passer. Les mails et appels demandant de payer, les intimidations, peut-être verbales, si elles ne sont pas physique.

Deux possibilités s’offrent alors :

– Le proprio peut entendre la grève et donc être dans le laisser-faire. Il peut aussi comprendre, voir soutenir cette grève. Le dialogue n’a pas nécessité a être rompu et un accord peut même être trouvé (baisse du loyer, ne donner que les APL, autres aménagements à l’amiable). Pour autant, rechercher la grève complète, c’est à dire de ne donner absolument rien doit être notre objectif à tous et toutes.
– Le proprio ne veut rien entendre et met la pression, dans ce cas, le dialogue doit être réduit au strict minimum : « Je ne peux pas payer du fait du confinement, nous sommes des milliers dans ce cas. », ou ne pas répondre si la situation le permet. Si des échanges deviendraient trop violent, il faut prendre contact rapidement avec vos voisin.e.s, vos ami.e.s, des associations de quartiers pour vous soutenir en cas d’intimidation.

Soyons solidaire !

Nous le répétons mais sachons-le : grève ou non, au 1er avril, beaucoup seront dans l’incapacité de payer leur loyer. Il en va de notre solidarité.

La grève généralisée des loyers serait sans nul doute la forme de solidarité la plus aboutie que nous pourrions observer lors de ce confinement pour les personnes qui sont confinées chez elles toute la journée et qui ne travaillent pas ou plus. Et en ces temps si troublés, tout le monde s’accorde à dire que la solidarité est essentielle et est peut-être même la seule chose qu’il nous reste.

Montrons notre solidarité et ensembles généralisons la grève des loyers !

– Pour propager cet appel à la grève, partagez le hashtag #GreveDesLoyers et suivez la page Facebook Grève des Loyers 2020.
– Des groupes se sont déjà créés et s’organisent. Un fil Télégram sur la grève des loyers a été lancé. Le lien ici : https://t.co/a3TyMl5Crn?amp=1

Via Lille Insurgée

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